jean dewasne biographie
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Jean Dewasne
Du tableau aux Antisculptures
et à l’architecture
Une œuvre d’art total
par Lydia Harambourg
Historienne Critique d’art
Correspondant de l’Institut, Académie des Beaux-Arts
Jean Dewasne est l’un des maîtres de l’Abstraction constructiviste française.
En 1946 il participe à la création du Salon des Réalités Nouvelles vitrine de l’art concret et de l’abstraction géométrique dont il revendique l’héritage à la suite de Herbin qui le fait entrer au comité. La même année il est le premier lauréat du prix Kandinsky avec Jean Deyrolle. Membre du comité il démissionnera en 1949.
En 1949 son Traité de la peinture plane pose les assises de son art futur.
L’atelier d’Art Abstrait
En 1950 Dewasne fonde avec Edgar Pillet l’Atelier d’Art Abstrait, un lieu d’enseignement et de réflexion sur la « technologie de la peinture ». Ce laboratoire éphémère de l’art abstrait provoque de vives réactions. Face à une abstraction lyrique offensive, Dewasne s’impose en ardent défenseur d’une ligne esthétique héritée du Bauhaus :
« L’abstraction est une éthique, un mode de vie qui s’adapte ».
Il s’engage pour un art intervenant « à une action directe avec la communauté humaine ».
Ses recherches pour une peinture plane le fait évoluer du chevalet au monumental avec l’architecture, conscient du rôle essentiel joué par la couleur comme élément unificateur et constructif. Dewasne développe un vocabulaire constitué de formes simples, évolutives, agencées selon des rythmes complexes dans un esprit baroque avec des aplats de couleurs vives et contrastées, sans référence au réel.
Les conférences qu’il donne dans la salle des Ingénieurs et au Centre de recherche de la rue Cujas reflètent sa pensée militante pour une abstraction radicale face au réalisme socialiste.
Peintre « phare » de la galerie Denise René aux côtés de Vasarely, Marie Raymond, Poliakoff, Deyrolle, de ses aînés Hartung et Schneider, Dewasne contribue à l’essor de l’abstraction géométrique en Scandinavie, en Belgique et surtout au Danemark avec ses amis Robert Jacobsen et Richard Mortensen.
En 1951 Dewasne peint L’Apothéose de Marat. Une immense peinture sur bois de 2,50 mètres de haut x 8,335 mètres de long (achat de l’Etat en 1982. Dépôt au musée de Grenoble.)
Il innove en recourant aux laques glycérophtaliques, une peinture industrielle qu’il applique sur l’aluminium puis sur un matériau inaltérable nouveau, l’Isorel.
Apothéose de Marat
1951
5 panneaux
Peinture glycérophtalique sur bois
250 x 833,5 cm – Dim de chaque panneau: 250 x 166,70
Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou
Les Antisculptures
Première d’une longue série Le Tombeau de Webern 1951 (Centre Pompidou) est peint sur la carcasse d’une voiture de course achetée dans une décharge à Suresnes et devient le symbole de la modernité.
Droites et courbes s’allient aux trois couleurs fondamentales qu’il inverse : le rouge, le vert, le bleu, le jaune transparaissant par oscillation.
Les technicités industrielles répondent à ses préoccupations esthétiques et philosophiques et le déterminent à utiliser des supports inattendus : des carrosseries de voitures, des carénages de motos.
Fin 1953 l’Atelier d’art abstrait ferme. Dewasne rompt son contrat avec Denise René tout en participant aux expositions collectives de la galerie à l’étranger, dans les pays nordiques, contribuant à diffuser l’abstraction géométrique et construite hors des frontières. Il séjourne en Amérique du Sud où il donne des conférences, expose à Copenhague, Bruxelles, Milan.
Dewasne expose de nouveau en 1956 à Paris dans la galerie récemment ouverte par Daniel Cordier, rue Duras, puis rue Miromesnil en 1963 où l’ancien secrétaire de Jean Moulin qui compte parmi les premiers collectionneurs de Dewasne lui consacre une exposition personnelle dont il écrit la préface.
En plein triomphe de l’abstraction lyrique, l’engagement politique de Jean Dewasne pour un art constructif en action directe sur la vie sociale le fait intervenir dans l’architecture publique. Celui qui a étudié l’architecture et la musique (il est un familier du Domaine Musical et se passionne pour le dodécaphonisme et l’atonalisme) concrétise la synthèse des arts dans l’urbanisme.
On lui doit des réalisations monumentales comme la patinoire pour les Jeux Olympiques de Grenoble de 1968,
La Longue Marche présentée en 1969 à l’ARC au musée d’Art moderne de la Ville de Paris et en 1981 au Centre Pompidou, destinée au lycée technique d’Haubourdin (Nord). Polyphonie chromatique de 36 panneaux émaillés pour une longueur totale de 88 mètres.
Dans sa détermination à œuvrer pour un art total dans lequel le spectateur est actif, Dewasne réalise une nouvelle Antisculpture : Habitacle rouge 1972 (Le Cateau-Cambrésis, musée Matisse).
Habitacle rouge
1972
Architecte : Jean-Claude Lahumière, Paris (France)
Donation de Mme Mythia Dewasne
Transfert au Musée départemental Matisse, Conseil départemental du Nord le 25/10/2017
© Adagp, Paris – Crédit photographique : Philip Bernard/Musée départemental Matisse
En 1975 Dewasne poursuit son travail d’intégrations architecturales pour le Siège Renault dans le cadre d’une collaboration avec les artistes contemporains (Arman, Vasarely, Dubuffet, Soto…) initiée par Claude-Louis Renard, le constructeur automobile. Dewasne réalise 40 mètres de peintures et laques glycérophtaliques sur bois dans la salle des ordinateurs. La même année il reçoit une commande pour le métro de Hanovre.
Réunion de la peinture et de l’architecture :
la Grande Arche de la Défense 1986-1989
Responsable de sa conception, l’architecte Johan Otto Von Spreckelsen confie à Dewasne dont il connaît les antisculptures, la réalisation de la plus grande peinture au monde. Deux faces seulement seront réalisées sur 100 mètres de haut et 70 mètres de large pour une superficie de 15 280 m 2 de peinture émail cuit à 1200° sur plaque d’acier.
Le gigantisme se perpétue avec une œuvre impressionnante pour le journal Politiken à Copenhague au Danemark en 1995.
Sur 800 m2 de plafond se déploient des motifs qui surplombent tous les espaces de travail.
Les Antisculptures colorées s’invitent au Centre Pompidou.
Nous sommes redevables à Dewasne de sa colorimétrie après décision des architectes Renzo Piano et Richard Rogers qui découvrent lors d’une visite dans l’atelier de l’artiste, rue du Bourg Tibourg en 1970 dont les tuyaux de chauffage sont peints. L’effet est saisissant.
« Le Centre Pompidou sera coloré » écrit Dewasne.
Depuis 1968 la galerie Lahumière expose régulièrement Dewasne dans sa galerie à Paris et dans les foires internationales (Art Basel notamment)
Reconnaissance institutionnelle
Dès 1966 a lieu une première rétrospective de ses œuvres à la Kunsthalle de Bern.
Il représente la France à la Biennale de Venise de 1968.
En 1993 il est élu membre de l’Institut, Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de Hans Hartung, son ami.
Entre 1973 et 1989, les donations et dons successifs de Daniel Cordier font entrer les œuvres de Jean Dewasne dans les collections nationales et institutionnelles : Centre Pompidou, musée d’Art moderne de la Ville de Paris, CNAP- FNAC, MACVAL, Statens Museum Copenhague, musées de la Poste, Paris, Villeneuve-d’Ascq, Cambrai, Dunkerque, Abattoirs Toulouse…
En 2012, Mythia Kolesarova Dewasne, veuve de l’artiste fait une importante donation à l’Etat français de la majeure partie des œuvres et archives de Jean Dewasne dont elle était héritière.
Cette imposante donation couvrant les années 1940 à 1990 vient compléter un fonds Dewasne préexistant grâce à la générosité de l’artiste. Les œuvres ont été réparties au sein des musées de France : Amiens, Caen, le LAAC Dunkerque, Le Cateau-Cambrésis, Les Sables d’Olonne abbaye Sainte-Croix, Nantes, Pontoise, Rennes, Saint-Etienne, Strasbourg, Villeneuve-d’Ascq, MacVal, musée d’Art moderne Ville de Paris, Centre Pompidou.
En 2014 une grande exposition Jean Dewasne est organisée au musée Matisse au Cateau-Cambrésis, à partir de la donation Mythia Dewasne.
Un hommage est rendu à Jean Dewasne par le musée d’Art moderne de la ville de Paris en 2022.
“La longue marche de Jean Dewasne (1921-1999), artiste majeur de la peinture abstraite du XXe siècle”
L’activisme intellectuel et pédagogique de Dewasne sous-tend ses réalisations picturales.
Lydia Harambourg
Historienne de l’art
Biographie détaillée de Jean Dewasne
1921
Naissance à Hellemmes, banlieue de Lille. Son père est ingénieur. Étudie le violon dès 1927.
Un de ses professeurs de lycée lui fait découvrir Paul Cézanne, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin.
1937
Visite à Paris l’Exposition Universelle des « Arts et Techniques appliqués à la Vie moderne », qui l’impressionne : Guernica au Pavillon espagnol, Pavillon de l’Allemagne nazie, Pavillon de l’Union soviétique.
Il considère Léonard de Vinci comme son modèle.
1939
Entre à l’École des Beaux-Arts de Paris dont l’enseignement lui semble sans intérêt, étudie dans la section « Architecture ». Il fréquente les ateliers de Montparnasse, en particulier celui d’André Lhote.
1941
Première exposition dans la galerie-librairie L’Esquisse à Paris (nus et natures mortes, influencés par Georges Seurat et Henri Matisse). Premières réflexions écrites.
Fin 1942
Il exclut la figuration de son œuvre, et se tourne temporairement vers le cubisme.
Exposition à la Galerie Jacquet Paris.
1943
Sa première peinture non-figurative est présentée dans la salle « Musicaliste » au Salon des Indépendants.
1944
Il retrouve ses amis de l’Abstraction Lyrique ou Informelle : Hans Hartung, Gérard Schneider, Jean Deyrolle, Serge Poliakoff, Marie Raymond… Denise René ouvre sa première galerie, rue La Boétie à Paris.
Exposition à la galerie de L’Esquisse Paris.
1945
Expose avec ses amis au Salon des Surindépendants à Paris, visite une exposition « Art concret » (Vassily Kandinsky, Piet Mondrian, Theo van Doesbourg, Auguste Herbin, Robert Delaunay…) à la Galerie Drouin.
1946
Explore plusieurs voies de la non-figuration, entre géométrie et abstraction lyrique.
Se lie avec Auguste Herbin, dont l’influence sera déterminante, et avec Antoine Pevsner.
Avec Jean Deyrolle, il reçoit le Prix Kandinsky (1ère édition) et se lie avec César Doméla chez qui il participe (avec Vassily Kandinsky, Auguste Herbin, César Doméla, Ernest Engel-Park, Hans Hartung, Serge Poliakoff, Michel Raymond, Félix Del Marle, Gérard Schneider) à une exposition qui accompagne une conférence de Auguste Herbin « L’Évolution de la peinture ». Jean Dewasne y donne une conférence sur « Les idées pédagogiques de Klee et Kandinsky ». Il s’intéresse de plus en plus au concept de beauté contemporaine, en lien avec l’architecture et l’industrie, les mathématiques, la géométrie non-euclidienne, l’atonalisme musical.
Première exposition « Peintures abstraites » chez Denise René avec Jean Deyrolle, Michel Raymond, Hans Hartung, Gérard Schneider.
Avec Félix Del Marle, Jean Arp, Sonia Delaunay, Albert Gleizes, Antoine Pevsner, et Auguste Herbin, il participe à la création du Salon des Réalités Nouvelles, et y présente une toile.
Exposition à la galerie Drouin, et à la galerie Denise René jusqu’en 1956.
1947
Entre au Comité directeur des Réalités Nouvelles (avec Sonia Delaunay et Jean Gorin), dont l’organisateur jusqu’en 1955 est Auguste Herbin. Ses toiles portent encore l’empreinte du cubisme.
Dewasne, Vassily Vasarely, Robert Jacobsen et Richard Mortensen rejoignent la galerie Denise René.
1948
Les rapports forme/couleur, la recherche de l’intensité et de la vibration chromatique maximale, et le refus de la profondeur le préoccupent.
Grâce à Richard Mortensen, il expose à Copenhague (galerie Tokanten) avec Jean Deyrolle, Emile Gilioli, Hans Hartung, Jean Piaubert, Serge Poliakoff, Michel Raymond, Gérard Schneider, Victor Vasarely.
Séjour à Gordes, chez Victor Vasarely et Jean Deyrolle.
1949
Démissionne du Salon des Réalités Nouvelles. Séjour de dix mois chez Robert Jacobsen au Danemark et exposition à la galerie Arne Bruun Rasmussen à Copenhague.
Adhérent au Parti Communiste, il prône un art qui participera à tous les domaines de la vie sociale.
Il réalise sa première peinture murale « La Joie de vivre » (H: 3m, L: 9m) (cf le tableau homonyme de Matisse 1905-1906), réalise avec R. Jacobsen des sculptures peintes qui annoncent les « Anti-sculptures », crée des sérigraphies pour un livre de Lautréamont « Préface à un livre futur », édité en 1950, et rédige une monographie sur Robert Jacobsen : « Le gros Robert », publiée aussi en 1950. Avec Frantisek Kupka, Auguste Herbin et Félix Del Marle, Jean Dewasne offre une toile au musée de Calais pour la création d’une salle « Géométrie ».
Il donne une conférence : « Les idées théoriques de Kandinsky » au musée Thorvaldsen à Copenhague, et, contre l’art informel, il rédige son « Traité d’une peinture plane » (publié en 1972) qui contient plusieurs études sur le rôle des mathématiques et des géométries de Riemann, Bolyai, Lobatchevski… Cette même année, Auguste Herbin publie « L’Art non figuratif non objectif », rédigé pendant la guerre.
Le tableau abstrait-concret ne prétend à rien d’autre qu’à ce qu’il est, contrairement au tableau figuratif où l’on désire que l’objet se substitue à l’œuvre. Il ne symbolise rien, ne sert pas d’intermédiaire entre l’homme et quelque chose située hors de l’un et de l’autre. Il n’est pas un remplacement de ce qui est absent, un succédané d’apparence d’idée ou de force. Il se présente nu et tel quel, et provoque directement par ses propres moyens, des sensations et des émotions chez le spectateur
Jean Dewasne
Traité d’une peinture plane, février 1949
1950
Avec Edgard Pillet, il fonde l’Atelier d’art abstrait (qui disparaît en 1953). Ce lieu d’échanges accueille des scientifiques, des physiologues de la perception (Jacob Segal), des artistes du monde entier, qui peuvent y rencontrer des personnalités de l’art abstrait : Auguste Herbin, Alberto Magnelli, Jean Arp… Pendant trois ans, Jean Dewasne y donne des cours très appréciés et des conférences sur la physiologie des couleurs, les théories de la forme, les technologies de la peinture. Y sont accueillis des critiques comme Léon Degand, André Bloc, Julien Alvard, Roger van Gindertael… Son travail, par l’emploi de couleurs pures posées au pistolet, par sa technique précise et lisse, montre l’influence d’Auguste Herbin.
Rencontre Daniel Cordier qui lui achète ses premiers tableaux.
1951
Il utilise de l’isorel et de la peinture industrielle (laque glycérophtalique). Il conçoit ses peintures sur la dualité positif/négatif, dont les jeux de formes recouvrent toute la surface de l’œuvre, affirmant la planéité du support. Il crée ses premières « Antisculptures », des éléments de carrosserie automobile dont il met à profit les creux, les courbes, les surfaces découpées.
Première Antisculpture : « Tombeau d’Anton Webern » où Jean Dewasne concrétise son admiration pour la musique de Berg, Webern, Schoenberg, Leibowitz, Boulez, Maderna, Stockhausen…
A l’Atelier de l’art abstrait, il donne sa conférence de 1949 « Les idées théoriques de Kandinsky ».
Il réalise « L’Apothéose de Marat » (H 2,60m L 9m) pour démontrer à Roger Garaudy que les peintres figuratifs n’ont pas le monopole de l’engagement politique.
En octobre, il participe à la création du groupe « Espace » (fondateurs : André Bloc et Félix Del Marle) avec, entre autres, Etiene Béothy, Jean Gorin, Berto Lardera, Richard Mortensen, Félix Del Marle, Victor Prouvé, Victor Vasarely, Simone Servanes… « Espace » veut créer une synthèse des arts, édifier un cadre de vie adapté à l’homme moderne et favoriser » l’harmonieux développement de toutes les activités humaines « . Le groupe disparaît en 1963.
1952
A l’Atelier d’art abstrait, conférence de Jean Dewasne « L’art abstrait et le matérialisme dialectique ».
1953
En février, Jean Dewasne donne deux conférences au musée Thorvaldsen de Copenhague : « Structure naturelle du langage plastique », et « Réalité vivante de l’expression plastique ».
Série « Badia la Grande ».
1953 à 1955
Nombreuses conférences dans des écoles d’architecture en Amérique du Sud en particulier à l’École Supérieure d’Architecture de Lima (Pérou) : « L’art abstrait au sein des connaissances, de la science et des techniques actuelles », « L’art abstrait et le concret », « Contenus individuel, social et universel de l’art abstrait », « Composants de l’esprit créateur », « Structure de la surface ».
Le « Tombeau d’Anton Webern » est présenté à la galerie Denise René avec six petites Antisculptures.
Il réalise la première de couverture de la revue « L’art d’aujourd’hui » – décembre 1953, intégrant un article du critique d’art Léon Degand.
Jean Dewasne
dans la revue « L’Art d’aujourd’hui », janvier 1953
1954
Il épouse la cinéaste et plasticienne Mythia Kolesar, fille de l’écrivain et journaliste slovaque Milos Kolesar.
Jean Dewasne rompt son contrat avec la galerie Denise René.
Jean Dewasne
dans la revue « L’Art d’aujourd’hui », mars 1954
1955
Auguste Herbin est nommé Président du Salon des Réalités Nouvelles.
Exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
1956
Jean Dewasne rejoint la galerie Daniel Cordier. Auguste Herbin démissionne du Salon des Réalités Nouvelles.
1961
Exposition à Milan, galerie Lorenzelli.
1962
Première exposition à New York, galerie Daniel Cordier.
La grande œuvre propose un réseau d’attraction dynamique dans un ensemble de variables internes à multiples dimensions mentales
Jean Dewasne
Traité d’une peinture plane, février 1949
1965
Exposition à Gênes, galerie La Polena.
1966
Travaille sur des carénages de moto ( Antisculpture ).
Première rétrospective de ses œuvres à la Kunsthalle de Berne.
1968
Il réalise une très grande fresque en 8 éléments pour le Stade de glace des Jeux Olympiques de Grenoble et « La Longue Marche » ( L 90 m en 36 panneaux de L 2,5 m ) pour la Faculté de médecine de Lille.
Il représente la France à la Biennale de Venise à côté d’Arman, Piotr Kowalski, Nicolas Schöffer.
1969
Présentation de « La Longue Marche » à Paris puis à Bruxelles.
La Longue Marche
1969
88 M
Vue partielle, Exposition Centre Georges Pompidou, Paris 1982
Dépôt de l’Etat, Service des Muses de France
Donation Jean Dewasne, Collection Musée de Cambrai
Jean Dewasne
Note manuscrite de présentation de “La Longue Marche”
Centre Pompidou / MnamCci / Bibliothèque Kandinsky
1970
Proposition d’une peinture de 1200 m² pour l’ancienne bibliothèque du musée de Grenoble Projet pour la nouvelle Faculté de Lettres de Nantes.
Projet de mise en couleurs du futur Centre Pompidou.
1971
Projet pour l’entrée de la Maison de la Télévision danoise, réalisé en 1973 ( H 3 m, L 6 m ).
Exposition galerie Creuzevault à Paris.
1972
Réalisation de « Habitacle rouge » (H 4m, L 9,32m, P 4,20m), un pénétrable en panneaux d’aluminium, comprenant une fresque circulaire et deux « Antisculptures » symétriques, posés sur un socle. C’est la seule sculpture qui comporte un texte de Jean Dewasne.
Présentée avec La Longue Marche, cette œuvre fera le tour de l’Europe du Nord, puis inaugurera à Pittsburg (U.S.A) la nouvelle aile du Carnegie Institute. Il réalise le projet « La Muraille Antipode » pour le projet de la station de métro Italie-Gobelins. Série « Cerveaux mâles » (jusqu’en 1975).
Début de sa collaboration avec la Régie Renault. Il travaille sur des éléments de carrosserie de camions qu’il dénomme Antisculptures, et crée la série des ’’Cerveaux Mâles‘’.
1973
Réalisation de « Magic-Ballet » (H 3,33m L 10m) pour le musée Soto, à Ciudad Bolivar, au Vénézuela.
1974
Exposition au musée Louisiana, à Humblebaeck (Danemark).
1975
Réalisation de « Jet-Underground », deux œuvres de 110 m de long pour le métro de Hanovre, ainsi que quatre œuvres murales dont une « Murale des dames » (Lg 10m) pour la salle des ordinateurs de l’usine Renault à Boulogne-Billancourt.
1978
Exposition au Kulturhuset, à Stockholm.
1979
L’industriel danois Nils Olé Ehrenskjold lui commande des peintures pour son entreprise (Usine Gori) à Kolding (Danemark). Dewasne peint 20 réservoirs, dont deux de 30m de haut, reliés entre eux par des nappes de tubes (Lg totale 7 km). Peintures conservées in situ.
Exposition au musée d’art contemporain, Caracas, Venezuela.
Usine Gori, Kolding, Danemark
1979
Dépôt de l’Etat, Service des Musées de France
Donation Jean Dewasne Collection Musée de Cambrai
1981
Jean Dewasne participe à la création de l’Ouvroir de Peinture Potentielle. Le but est d’inventer des formes, des contraintes mathématiques, logiques, ludiques, pour soutenir le travail des peintres et des artistes visuels. Il y publie « Les Forces plastiques », « Je suis le point de fuite, la bataille de San Romano vue par un des lapins ».
Expositions : Musée du Château à Kolding Danemark, Musée d’Art Moderne-Centre Georges Pompidou.
1982
Achèvement du projet depuis 1977 de trois tapisseries réalisées pour le Mobilier National, Manufacture des Gobelins (H 7 m chacune).
C’est la principale grandeur de l’art abstrait-concret que de pouvoir créer des émotions jusqu’ici inconnues
Jean Dewasne
Traité d’une peinture plane, février 1949
1983
La Poste édite un timbre : « Aurora-Set », d’après une maquette originale.
1986-1989
L’architecte danois J. Otto von Spreckelsen remporte le concours pour la construction de la Grande Arche de la Défense, à Paris. Il commande à Jean Dewasne la plus grande peinture murale jamais réalisée : 15 280m².
Le projet est modifié suite au décès de J. von Spreckelsen, en 1987, mais J. Dewasne réalise deux peintures murales de 100 m de haut et 70 m de large pour l’intérieur de la Grande Arche.
1989
Exposition au Musée national d’art moderne-Centre Georges Pompidou – « Les années 50 »
1990
Antisculpture monumentale « Hommage à Spinoza » à Zeevenaar, aux Pays-Bas pour la chambre des machines de l’usine de tabac P. Stuyvesant.
1991
Exposition au musée Josef Albers, Bottrop (RFA).
Exposition des Antisculptures au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Libourne.
1992
Série des Antisculptures « Rondes-Bosses » peintures sur éléments de carrosserie sur une seule face. Exposition Universelle de Séville : présentation d’une maquette de mise en peinture d’un sous-marin soviétique offert par M. Gorbatchev au Danemark en 1991.
Il est nommé à l’ordre de la Légion d’Honneur et est fait chevalier de l’ordre du drapeau Danois Daneborg par la Reine du Danemark.
1993
Il est élu à la section de peinture de l’Académie des Beaux-Arts, le 8 décembre, au fauteuil de Hans Hartung, son ami.
1994
Réception de la Médaille de l’Académie d’Architecture, décernée pour l’œuvre monumentale de l’Artiste.
Parution d’un texte sur la « Création » dans la revue d’Esthétique, Révision numéros 2 et 4 avec reproduction en couleur de la peinture murale de la Grande Arche de la Défense
1995
Il réalise les peintures des plafonds du siège du grand quotidien de Copenhague « Politiken ».
Visibles de l’extérieur, elles se reflètent la nuit sur le sol pavé de la ville.
Journal Politiken, Copenhague
1995
Plafond de l’accueil et du bureau du Rédacteur en Chef
Dépôt de l’Etat, Service des Musées de France
Donation Jean Dewasne – Collection Musée de Cambrai
1997
Il est élu membre associé de l’Académie royale de Belgique.
1999
Jean Dewasne s’éteint à Paris le 23 juillet.
2000
Inauguration de « Cotral Atac », mosaïque murale réalisée pour la station de métro Piazza di Spagna, à Rome.
2012
La veuve de l’artiste Mythia Dewasne remet en donation à l’État Français la totalité des œuvres de son époux constituant le fonds de son atelier Parisien.












